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Est-ce que le kyste
sébacé s'enlève comme une boule
graisseuse ?
- Contrairement au lipome qui
est un amas de grosses cellules graisseuses (comme la graisse du
poulet), le kyste est une ancienne glande, c'est à
dire une poche
sécrétant une substance grasse (du
sébum) à l'intérieur
d'elle-même. La sécrétion
ne pouvant s'évacuer, elle s'accumule et fait gonfler la
poche du kyste.
- L'exérèse
se fait en découpant les tissus en profondeur tout autour de
la poche extérieure. Si la poche a été fragmentée
au cours de poussées inflammatoire ou après une
première exérèse
incomplète, l'opération doit ôter plus largement
les tissus autour de la lésion.
- La peau est ensuite
refermée par simple rapprochement des berges en
créant
une cicatrice linéaire dont la longueur est à peu
près le diamètre de la lésion.
- En cas de poche
très fragmentée (kyste avec un long passé inflammatoire), une exérèse en bloc peut
s'imposer, laissant une cicatrice dont la longueur est trois fois le
diamètre de la lésion..
Y-a-t-il un risque à garder un kyste sébacé ?
- Il n'y a pas de risque de
dégénérescence cancéreuse
sur un kyste sébacé, à condition que
le diagnostic soit certain.
- L'évolution se
fait vers un accroissement de taille progressif sur plusieurs
années. Les poussées inflammatoires sont
impressionnantes surtout dans les régions à peau
fine (paupières et cou). Les poussées
inflammatoires, douloureuses, sont dues à la
rupture de la poche en profondeur sous l'effet conjugué de
la pression à l'intérieur du kyste et d'un
traumatisme éventuel.
- Un kyste qui s'est
déjà enflammé une ou surtout plusieurs
fois a toutes les chances de s'enflammer
régulièrement à nouveau.
Mon kyste s'est
enflammé. Puis-je presser dessus ?
- En aucun cas. La pression
sur le kyste peut fissurer la poche et provoquer une fuite du sébum sous la peau. Les acides gras contenus dans le
sébum sont à l'origine de la réaction
inflammatoire, plus ou moins intense selon l'importance de la fuite.
- La poche d'un kyste qui a
subi plusieurs poussées inflammatoires est très
fragile.
Mon
ancien kyste est devenu rouge et/ou a augmenté de
volume récemment. Dois-je consulter en urgence ?
- Si le volume reste
"raisonnable" et la douleur modérée, tamponner
avec un antiseptique à base de chlorhexidine (SEPTEAL,
DIASEPTYL) ou d'hexamidine (HEXOMEDINE) selon tolérance.
- En cas d'inflammation
"explosive" (douloureuse +++) ou avec rougeur extensive ou
fièvre, le signaler au téléphone.
- Le rendez-vous sera pris
le plus tôt possible
- En attendant le
rendez-vous :
- continuer les soins
antiseptiques
- Eviter absolument la prise
d'anti-inflammatoires non stéroïdiens,
y compris l'acide acétyl-salicylique (ASPIRINE et
médicaments apparentés)
- Une petite incision
pour soulager la tension sera pratiquée. Parfois une fine
mèche de drainage sera posée pendant 48 heures
pour éviter que l'ouverture ne se referme trop rapidement.
- Un traitement antibiotique
à visée antistaphylococcique de principe et
anti-inflammatoire sera mis en route.
- En cas d'incision en
urgence, le kyste n'est pas retiré. Il est simplement
vidé pour soulager et sera à retirer
ultérieurement
J'ai un kyste "mal
placé". Est-ce douloureux ? L'intervention va-t-elle bien
cicatriser ?
- Près de la
paupière : Localisation impressionnante, mais
anesthésie locale supportable. Risque de gonflement de la
paupière ou de bleu pendant les quatre
jours suivant l'intervention. Cicatrisation parfaite.
- Région
génitale :
- Sur le scrotum :
Localisation impressionnante mais anesthésie locale
très supportable. Kystes apparentés aux kystes
sébacés ordinaires, souvent en grand nombre,
rarement inflammatoires. Problème plutôt
"esthétique"
- Sur les grandes
lèvres et la région inguinale féminine
: plutôt sur le versant cutané à la
partie postérieure des grandes lèvres, et en
petits amas groupés au niveau de l'aine.
Anesthésie un peu plus douloureuse; kystes
favorisés par le tabac et peut-être l'épilation.
- Kystes axillaires et
inguinaux
- Débutant
souvent chez l'adulte jeune, l'hidrosadénite, inflammation des glandes
sudorales axillaires, inguinales, et des fesses (maladie de Verneuilh)
mérite un traitement précoce, antibiotique et
chirurgical des zones inflammatoires pour tenter d'enrayer
l'évolution vers un tableau de grande hidrosadénite
surinfectée chronique (l'exérèse
totale de la peau du pli atteint étant alors le seul
remède)
Y- a-t-il un traitement
médical ?
- Rappel
sur l'acné et l'isotrétinoïne ( = ROACCUTANE )
- Les
kystes sébacés se rencontrent plus souvent sur un
terrain acnéique avec une fréquence
particulière pour le visage et le dos et la
région rétroauriculaire. La région
présternale et la nuque sont surtout atteintes au cours des
très fortes acnés.
- Les
kystes sébacés répondent peu aux
traitements classiques de l'acné (essentiellement
antibiotiques et médicaments locaux).
- L'isotrétinoïne
peut elle-même enflammer les lésions,
particulièrement
- au
début du traitement
- à
dose forte
- en
présence de kystes nombreux et volumineux.
- L'isotrétinoïne
( = ROACCUTANE ) est un traitement long et
astreignant (surveillance, contraception). Elle reste le plus puissant
traitement des acnés, kystiques ou non, mais est peu
indiquée dans le cas de kystes isolés.
- Si
la solution ROACCUTANE est retenue, vider les kystes avant le
traitement prévient les réactions inflammatoires
en début de traitement.
Le dermatologue m'a
retiré un kyste, il
reste une boule sous la cicatrice.
- Un gonflement à
l'une des
extrémités de la cicatrice existant depuis le
début, est lié à une concentration
tissulaire par
suite du rapprochement des berges. Il va disparaître en
quelques
mois avec l'assouplissement de la cicatrice et la dissolution des fils
sous-cutanés.
- Un gonflement apparu plus
tard, dans les
heures ou les jours qui suivent l'intervention, doit faire consulter,
surtout s'il est rapide ou s'accompagne des signes de l'inflammation
(rougeur, chaleur, réactivation de la douleur)
Le
kyste peut-il revenir ?
- Après une
poussée inflammatoire, il est habituel qu'au bout de
quelques mois les tissus s'assouplissent. La poche étant
vide, le kyste semble avoir disparu pendant quelques mois.
- Quand il
réapparaît, il reprend son aspect initial de petite boule
blanche sous la peau : c'est le bon moment pour l'ôter
(exérèse planifiée).
- Si ce moment est
"raté", il va progressivement reprendre du volume et refaire
une poussée inflammatoire.
- Exceptionnellement
après une poussée inflammatoire violente, la
poche du kyste est détruite et le kyste ne
réapparaît pas.
- Si le kyste est
ôté dans de bonnes conditions :
- Exérèse
planifiée sur une lésion non inflammatoire avec
dissection de la poche sous anesthésie locale
- le risque de
récidive existe mais est très faible. Le risque
de récidive est plus important en cas d'inflammations
multiples ou en cas d'intervention en période inflammatoire.
- Inciser un kyste pour
diminuer sa taille ou pour soulager une poussée
inflammatoire n'est pas le retirer : Il va récidiver dans 95
% des cas.
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