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Docteur Jean-Luc VARLET
Dermatologue
Attaché à l’hôpital Saint-Louis
Membre de la société française de dermatologie
Membre titulaire du Collège Français de Chirurgie Dermatologique
3 rue Gambetta
77220  GRETZ-ARMAINVILLIERS
Tél. : 01.64.07.93.95  
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FICHE CONSEIL
QUESTIONS SUR LES KYSTES
 

Est-ce que le kyste sébacé s'enlève comme une boule graisseuse ? 

  • Contrairement au lipome qui est un amas de grosses cellules graisseuses (comme la graisse du poulet), le kyste est une ancienne glande, c'est à dire une poche sécrétant une substance grasse (du sébum) à l'intérieur d'elle-même. La sécrétion ne pouvant s'évacuer, elle s'accumule et fait gonfler la poche du kyste.
  • L'exérèse se fait en découpant les tissus en profondeur tout autour de la poche extérieure. Si la poche a été fragmentée au cours de poussées inflammatoire ou après une première exérèse incomplète, l'opération doit ôter plus largement les tissus autour de la lésion.
  • La peau est ensuite refermée par simple rapprochement des berges en créant une cicatrice linéaire dont la longueur est à peu près le diamètre de la lésion.
  • En cas de poche très fragmentée (kyste avec un long passé inflammatoire), une exérèse en bloc peut s'imposer, laissant une cicatrice dont la longueur est trois fois le diamètre de la lésion..

Y-a-t-il un risque à garder un kyste sébacé ?

  • Il n'y a pas de risque de dégénérescence cancéreuse sur un kyste sébacé, à condition que le diagnostic soit certain.
  • L'évolution se fait vers un accroissement de taille progressif sur plusieurs années. Les poussées inflammatoires sont impressionnantes surtout dans les régions à peau fine (paupières et cou). Les poussées inflammatoires, douloureuses, sont dues à la rupture de la poche en profondeur sous l'effet conjugué de la pression à l'intérieur du kyste et d'un traumatisme éventuel.
  • Un kyste qui s'est déjà enflammé une ou surtout plusieurs fois a toutes les chances de s'enflammer régulièrement à nouveau.

Mon kyste s'est enflammé. Puis-je presser dessus ?

  • En aucun cas. La pression sur le kyste peut fissurer la poche et provoquer une fuite du sébum sous la peau. Les acides gras contenus dans le sébum sont à l'origine de la réaction inflammatoire, plus ou moins intense selon l'importance de la fuite.
  • La poche d'un kyste qui a subi plusieurs poussées inflammatoires est très fragile.
Mon ancien kyste est devenu rouge et/ou a augmenté de volume récemment. Dois-je consulter en urgence ?
  • Si le volume reste "raisonnable" et la douleur modérée, tamponner avec un antiseptique à base de chlorhexidine (SEPTEAL, DIASEPTYL) ou d'hexamidine (HEXOMEDINE) selon tolérance.
  • En cas d'inflammation "explosive" (douloureuse +++) ou avec rougeur extensive ou fièvre, le signaler au téléphone.
    • Le rendez-vous sera pris le plus tôt possible
    • En attendant le rendez-vous :
      • continuer les soins antiseptiques
      • Eviter absolument la prise d'anti-inflammatoires non stéroïdiens, y compris l'acide acétyl-salicylique (ASPIRINE et médicaments apparentés)
    • Une petite incision pour soulager la tension sera pratiquée. Parfois une fine mèche de drainage sera posée pendant 48 heures pour éviter que l'ouverture ne se referme trop rapidement.
    • Un traitement antibiotique à visée antistaphylococcique de principe et anti-inflammatoire sera mis en route.
  • En cas d'incision en urgence, le kyste n'est pas retiré. Il est simplement vidé pour soulager et sera à retirer ultérieurement 

J'ai un kyste "mal placé". Est-ce douloureux ? L'intervention va-t-elle bien cicatriser ?

  • Près de la paupière : Localisation impressionnante, mais anesthésie locale supportable. Risque de gonflement de la paupière ou de bleu pendant les quatre jours suivant l'intervention. Cicatrisation parfaite.
  • Région génitale :  
    • Sur le scrotum : Localisation impressionnante mais anesthésie locale très supportable. Kystes apparentés aux kystes sébacés ordinaires, souvent en grand nombre, rarement inflammatoires. Problème plutôt "esthétique"
    • Sur les grandes lèvres et la région inguinale féminine : plutôt sur le versant cutané à la partie postérieure des grandes lèvres, et en petits amas groupés au niveau de l'aine. Anesthésie un peu plus douloureuse; kystes favorisés par le tabac et peut-être l'épilation.
  • Kystes axillaires et inguinaux
    • Débutant souvent chez l'adulte jeune, l'hidrosadénite, inflammation des glandes sudorales axillaires, inguinales, et des fesses (maladie de Verneuilh) mérite un traitement précoce, antibiotique et chirurgical des  zones inflammatoires pour tenter d'enrayer l'évolution vers un tableau de grande hidrosadénite surinfectée chronique (l'exérèse totale de la peau du pli atteint étant alors le seul remède)

Y- a-t-il un traitement médical ?

  • Rappel sur l'acné et l'isotrétinoïne ( = ROACCUTANE )
    • Les kystes sébacés se rencontrent plus souvent sur un terrain acnéique avec une fréquence particulière pour le visage et le dos et la région rétroauriculaire. La région présternale et la nuque sont surtout atteintes au cours des très fortes acnés.
    • Les kystes sébacés répondent peu aux traitements classiques de l'acné (essentiellement antibiotiques et médicaments locaux).
    • L'isotrétinoïne peut elle-même enflammer les lésions, particulièrement
      •  au début du traitement
      • à dose forte
      • en présence de kystes nombreux et volumineux. 
  • L'isotrétinoïne ( = ROACCUTANE ) est un traitement long et astreignant (surveillance, contraception). Elle reste le plus puissant traitement des acnés, kystiques ou non, mais est peu indiquée dans le cas de kystes isolés.
  • Si la solution ROACCUTANE est retenue, vider les kystes avant le traitement prévient les réactions inflammatoires en début de traitement.

Le dermatologue m'a retiré un kyste, il reste une boule sous la cicatrice.

  • Un gonflement à l'une des extrémités de la cicatrice existant depuis le début, est lié à une concentration tissulaire par suite du rapprochement des berges. Il va disparaître en quelques mois avec l'assouplissement de la cicatrice et la dissolution des fils sous-cutanés.
  • Un gonflement apparu plus tard, dans les heures ou les jours qui suivent l'intervention, doit faire consulter, surtout s'il est rapide ou s'accompagne des signes de l'inflammation (rougeur, chaleur, réactivation de la douleur)

Le kyste peut-il revenir ?

  • Après une poussée inflammatoire, il est habituel qu'au bout de quelques mois les tissus s'assouplissent. La poche étant vide, le kyste semble avoir disparu pendant quelques mois. 
    • Quand il réapparaît, il reprend son aspect initial de petite boule blanche sous la peau : c'est le bon moment pour l'ôter (exérèse planifiée).
    • Si ce moment est "raté", il va progressivement reprendre du volume et refaire une poussée inflammatoire.
  • Exceptionnellement après une poussée inflammatoire violente, la poche du kyste est détruite et le kyste ne réapparaît pas.
  • Si le kyste est ôté dans de bonnes conditions :
    • Exérèse planifiée sur une lésion non inflammatoire avec dissection de la poche sous anesthésie locale
    • le risque de récidive existe mais est très faible. Le risque de récidive est plus important en cas d'inflammations multiples ou en cas d'intervention en période inflammatoire.
  • Inciser un kyste pour diminuer sa taille ou pour soulager une poussée inflammatoire n'est pas le retirer : Il va récidiver dans 95 % des cas.

Page mise à jour le 12/01/2009